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Le 6 novembre 1966 je quitte ma Franche-Comté natale avec mes vingt ans pour bagage et je fais route vers Hourtin (à proximité de Bordeaux), centre de formation maritime, pour accomplir durant 16 mois mes obligations militaires.

Un mois plus tard, un lourd paquetage dans une main, un billet de train dans l'autre, je chemine pour Brest ralliant ainsi mon affectation à bord de l'escorteur côtier L'ETOURDI. Je ne savais pas qu'à cet instant commençait pour moi un joli parcours initiatique.
     

Pourrais-je naviguer sur un bateau quels que soient le temps, la fatigue, les bobos, le moral ? Brest, comme port d'attache, s'imposait à moi, avec l'envie d'aller au bout de cette aventure.

Dès les premiers instants sur le bord, l'ambiance qui va me suivre tout au long de ce chemin se ressent. Une petite trentaine de marins de toutes couleurs, toutes religions, est présente au premier jour, pour me montrer les coins et recoins de ma nouvelle vie de promiscuité en tant que matelot mécanicien.

Malgré les barrières culturelles, religieuses, philosophiques, sociales, le contact s'établit vite : tutoiement, emploi des prénoms, entraide... tout rapproche.

Qui sont ces marins, ces jeunes hommes d'une vingtaine d'années aux origines diverses ? Des échanges sur le bord entre deux quarts, me font mieux connaître qui ils sont.

Ici sur le bord, plus de stress. Les problèmes de la vie civile : voiture, boulot, maison, horaires télé, ont disparu. Nous ne pensons qu'à naviguer, aux escales et aux visites des sites d'étape. Les escales sont... les incontournables du marin.

 
Certaines ne sont pas toujours hospitalières ! Tempête pluie, boue, neige, vent glacial comme à Oban en Ecosse... En revanche d'autres escales sont plus chaudes, voire très chaudes..., comme à Douala au Cameroun.


À ces avatars "climatiques" qui nous attendaient, il faut ajouter nos petits problèmes physiques : mal de mer, douleurs qui sapent le moral. Il suffit d'une escale accueillante, d'un bar convivial, pour que tout s'estompe.

 
En mer nous évoquons alors les bons moments, les rencontres, la beauté des paysages traversés, tels que les Canaries, l'Ecosse, l'Irlande, le Pays de Galles, l'Afrique avec ses couleurs, ses odeurs, les îles de Gorrey, du Cap Vert, les grands ports de France : Cherbourg, Le Havre, Lorient, St-Malo, et les petits ports comme Lézardrieux, pour que le sourire revienne.
C'est un peu l'image de notre vie, avec ses bons et ses mauvais moments. On savoure les premiers et l'on rit des seconds.


Des récentes retrouvailles avec un ami ancien de L'ETOURDI m'ont replongé dans le bain, les souvenirs, les photos... Alors, j'ai pensé à ceux qui voudraient partir sur les traces de leurs racines ETOURDISSANTES.

Je lance une bouteille à la mer.


Si au hasard d'un surf sur le Web vous tombez sur ce site, passez-moi un petit mot, des souvenirs, des photos avec les dates, et je les publierai, je me ferai un plaisir de vous communiquer les noms et adresses de courriel des anciens que j'ai retrouvés.
Peut-être avec un peu de chance, vous et moi nous pourrons refaire l'équipage des anciens de L'ETOURDI.

Même virtuel, notre ETOURDI ne mérite-t-il pas une deuxième vie?

Guy Paillard

  

J’avais 21 Ans

  

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Chef de la 2ème Division de patrouilleurs


 21 ans

Chef de la 2ème Division de patrouilleurs

  

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